Le Journal Permanent de
L'Humanisme Méthodologique
par Roger NIFLE


Une méthode de pensée pour l'action
Basée sur la Théorie et l'Ingénierie du Sens et des Cohérences Humaines
Le 16 03 2010 à 03 h 26

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    Universalité et relativité des droits et valeurs humaines.
    humanisme ou antihumanisme ?

    dimanche 28 décembre 2008, Roger Nifle


    L’évocation des droits de l’homme est devenue le gage d’un humanisme qui n’aurait rien d’autre à faire qu’à dénoncer les autres au nom de l’universel. Il ne semble pas que de telles déclarations ; droits de l’homme ou valeurs universelles aient toujours été le gage d’un humanisme véritable qu’il faut donc chercher ailleurs. Le relativisme opportuniste n’est pas la bonne piste.

    La question revient périodiquement soit pour établir une charte universelle des valeurs soit pour dénoncer toute atteinte à l’universel qui serait formellement établi notamment par la déclaration des droits de l’homme.

    Il y a deux pièges dans ce débat. Le premier est celui de la différence entre le principe et son expression. Selon les éclairages de l’humanisme méthodologique c’est le Sens du bien commun qui est le principe des valeurs propres à une communauté. Les valeurs sont des indicateurs culturels de ce Sens.

    Il y a une double relativité, celle de l’expression des valeurs qui ne peut-être figée dans une formule, confondant ainsi la lettre et l’esprit. Dans une communauté donnée l’expression des valeurs est contingente, circonstancielle mais pour autant pas arbitraire. Elle dépend aussi des conventions communes et réclame la prise en compte des diversités qu’intègre la communauté.

    L’esprit, ou principe des valeurs communautaires est donné par le Sens du bien commun. Or le Sens transcende toute expression, d’une part, mais appartient à l’humanité de l’homme, à l’universel humain d’autre part. En effet une communauté humaine est la mise en partage d’une part d’humanité (problématique humaine) et le Sens du bien commun est celui par lequel cette problématique peut-être résolue ou, dit autrement, le Sens de l’accomplissement pour la communauté et ceux qui y participent.

    On pourrait pointer une double présence de l’universel dans les communautés de valeurs. Le Sens du bien commun est de l’ordre de l’universel de la communauté alors que les valeurs en sont des expressions, des repères, des indicateurs circonstanciés, contextualisés, particuliers donc. Le Sens du bien commun d’une communauté de Sens donnée appartiens aussi à l’humanité entière et donc de l’ordre de l’universel humain.

    Il faut noter que l’universel communautaire et l’universel humain participent du même ordre qui est l’humanité de l’homme qui réside en chacun, au coeur de ce qui en fait le particulier. C’est ce qui fait que tout homme peut potentiellement rejoindre l’humanité de telle ou telle communauté autre même si le « voyage intérieur » peut en être difficile.

    Il faut noter en outre que cet universel d’humanité est multiple. Il y a de multiples Sens et problématiques en l’homme ce qui fait la diversité des personnes et des communautés. Sans cela il n’y aurait que clonage d’entités figées dans un modèle standard, collections mais pas communautés.

    Parmi les communautés petites et grandes, de longue histoire ou provisoires et aussi les communautés de communautés formant ces ensembles communautaires complexes où nous vivons, il y a aussi la communauté humaine entière. L’universel du Sens du bien commun n’y est pas plus que celui de n’importe quelle communauté. L’universel humain réside en chaque homme et nulle part ailleurs. Ainsi aucune communauté n’est plus universelle que l’humanité de chaque personne.

    Les droits de l’homme.

    S’il y a une déclaration universelle des droits d l’homme ce serait un contre sens d’attribuer à la déclaration le statut d’universalité et aux hommes un droit contingent relatif à cette universalité. Mais c’est peut-être bien la différence entre la déclaration française et la déclaration universelle de l’ONU.

    La première repose sur un convention juridique. C’est la déclaration qui fonde le droit humain. La seconde, signée très tardivement par la France, se pose en référence à un principe universel : la dignité de l’homme. Au moins c’est une référence à l’humanité de l’homme, l’universel, qui en détermine les droits en conséquence.

    Y aurait-il un rapport particulier de la France à l’universel ? Une sorte d’exception culturelle ? Certes, mais seulement pour la prédominance d’un courant de pensée qui entraine à un autre piège.

    En fait il s’agit plus d’un ensemble hétérogène qui conjugue rationalismes et matérialismes. Il ne s’agit pas de la seule considération de la matérialité ou de la raison mais de leur établissement comme principe de toute réalité et aussi de toute réalité humaine. Ainsi l’homme est contingent et il n’y a pas d’humanité particulière qui ne soit un dérivé de l’universalité de ces principes.

    La négation du Sens et de sa transcendance en l’homme relativise ce qui est de l’ordre de l’humain à ces principes là. De ce fait il n’y a d’humainement universel que ce qui est identifié à la matière ou à la raison, ce qui ne participe pas d’une humanité autre transcendante proprement niée. Il est vrai que c’est plutôt du côté d’un certain rationalisme que les figures verbales que l’on appelle valeurs sont érigées en universaux. Les mots sont les choses ou les représentent.

    Comment penser la liberté alors que la Raison est censée commander à tout ce qui existe, les lois de la matière aussi.

    Comment penser l’égalité alors que les seules différences spatio-temporelles suffisent déjà à rendre le particulier unique et d’une égalité plus qu’approximative et toute différence contextuelle, même au sein des familles.

    Comment penser la fraternité de ce qui n’a pas de « coeur » c’est-à-dire de centre ou d’être autre. La solidarité vient opportunément pour résoudre ce problème assimilé alors à une liaison forte comme une colle le permet entre deux pièces solidaires.

    La défense de l’universel contre les communautés de valeurs ne procède pas d’un humanisme mais d’un anti-humanisme qui prétend sauver les « principes universels » enfermés de fait dans des formules contre le principe d’humanité qui en est la source.

    Mais l’univers serait-il plus universel que l’humain ? C’est bien là l’enjeu, la thèse que défendent les universalistes anti-humanistes (théoriques et/ou pratiques, Levi Strauss et Althuser). C’est la thèse inverse que défend l’Humanisme Méthodologique.

    La différence tiens dans la considération de l’homme. Est-ce un « Ãªtre avec » ou un « fonctionner ensemble » ? Il n’y a pas un seul enjeu humain qui ne se trouve engagé concrètement dans ce dilemme.

    L’émergence d’un âge du Sens et des communautés de Sens ne peut faire qu’inquiéter les tenants de principes antihumanistes.

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